Sur le plan juridique, une pharmacie est un fonds de commerce, au même titre qu’un autre. Néanmoins, c’est une erreur de penser qu’il est aussi simple d’acquérir une telle officine, même si elle est compatible avec son profil et ses aspirations. En effet, toute transaction d’achat ou de vente d’une pharmacie est régie par une législation assez particulière. Il faut alors faire attention pour ne pas tomber dans d’éventuels problèmes ou pièges.

1. Négliger l’évaluation du montant de la cession

La détermination du prix de rachat d’une officine de pharmacie peut être faite à l’aide de différentes méthodes. En effet, il est possible de donner de la valeur à une pharmacie selon sa rentabilité. Pour cela, on se base sur les chiffres issus de son exploitation. Si vous envisagez de souscrire à un emprunt à la banque pour pouvoir réaliser l’acquisition, sachez que c’est cette méthode qui y est généralement appliquée. Elle permet à l’institution bancaire d’avoir une idée précise de la capacité de remboursement de l’emprunt. Une autre méthode se résume à la fixation du prix de l’achat de ce type de fonds de commerce sur la base d’un coefficient multiplicateur : c’est la méthode des barèmes. Ledit coefficient est appliqué directement au chiffre d’affaires de l’officine.

Vous pouvez également utiliser la méthode de comparaison. Elle consiste à comparer la pharmacie que vous voulez racheter, à d’autres business similaires (et du même domaine d’activité) qui ont fait l’objet d’une cession dans la même période. Prenez garde à ne pas vous contenter d’une seule méthode d’évaluation. Utilisez-en plutôt plusieurs et servez-vous de la moyenne des résultats obtenus pour définir votre prix. D’un autre côté, pour obtenir des résultats fiables, évitez de restreindre votre analyse aux plans financier et comptable. Avant de vous porter acquéreur lors de la vente d’une officine de pharmacie, prenez aussi en compte des éléments comme :

  • la situation géographique ;
  • la structure du local ;
  • l’effectif du personnel éventuel ;
  • la clientèle ;
  • la possibilité de déplafonnement du loyer (selon le cas).

2. Ne pas prendre le temps d’analyser les conditions d’occupation des lieux

Au moment de la cession d’une pharmacie, l’acheteur doit définir clairement s’il opte pour l’achat du droit au bail ou s’il désire devenir propriétaire des murs. Si vous êtes dans le premier cas, faites bien attention, car le contrat qui retrace les termes d’un bail commercial peut être particulièrement complexe. Il est souvent recommandé de demander l’aide d’un spécialiste du droit aguerri dans ce domaine, afin de prévoir toutes les éventualités. Cela vous permet d’éviter les pièges que ce document peut contenir et de comprendre toutes ses spécificités. Vérifier surtout la stabilité locative ainsi que la manière dont les charges sont ventilées entre le bailleur et le vendeur.

Si par contre vous envisagez de devenir propriétaire des murs, prenez la peine d’analyser des paramètres comme l’état des locaux et l’éventualité d’hériter de charges de copropriété. Vous devez prendre le temps d’évaluer le montage juridique qui vous avantage le plus. N’hésitez pas à vous poser des questions sur la pertinence d’une intégration des murs à l’exploitation. Vous devez également jauger l’intérêt de les inclure dans votre patrimoine personnel à travers la création d’une société civile immobilière. Ainsi, il est nécessaire de mener diverses analyses à la fois sur le volet fiscalité et sur celui du patrimoine.

Une fois cela pris en compte, la préparation des documents de vente est la suite logique de la négociation. Elle vient formaliser les différents accords entre les parties. À ce stade, ne négligez pas aussi des paramètres tels que les marchandises et le stock disponible. Vous n’êtes pas légalement tenu de les racheter que ce soit en partie ou même en totalité. Si vous pensez qu’ils ne respectent pas les exigences de votre politique. N’oubliez pas de mentionner votre position à travers une clause spécifique au moment du compromis de vente.

3. Ne pas accorder d’importance au choix de l’emplacement

Il est vrai que lors de l’achat d’une pharmacie, vous disposez principalement de deux possibilités : racheter le bail commercial et devenir propriétaire des murs. Beaucoup peuvent alors penser que le choix de l’emplacement devient une étape à éluder. Pourtant, la réalité est toute autre. Comme il est le cas pour le rachat de tout fonds de commerce, ici aussi vous devez prendre en compte le choix de l’emplacement de l’officine. Il ne fait aucun doute que vos options sont plus restreintes que dans le cas d’une création d’officines de pharmacie. Néanmoins, une bonne réflexion sur l’emplacement vous permet de voir les potentialités de votre futur bien. À cet effet, l’emplacement influe sur plusieurs paramètres, notamment le type de concurrence auquel vous pouvez être amené à faire face après l’acquisition. Votre situation géographique conditionne d’une certaine manière la taille de votre future clientèle.